Michaël Moslonka

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nouvelle-vie.jpg Une nouvelle vie en Artois de Michaël MOSLONKA, chez Ravet-Anceau>>>
Genre : Roman sentimental
Éditions Ravet-Anceau – collection Euphoria
ISBN : 9782359731446
11 x 17 cm - 176 pages

 

Résumé :
Mélanie a décidé de changer de vie. Elle abandonne son métier d’éducatrice pour retourner à ses premiers amours : la littérature. Elle espère aussi resserrer ses liens avec Paul, son amoureux, qui se montre distant depuis quelques mois. Un jour, chez un libraire, elle croise un inconnu dont le charme ne la laisse pas indifférente. Le destin va l’amener à le croiser de nouveau, distillant peu à peu le doute dans son cœur. Et pour compliquer les choses, Christophe451, son contact Internet avec qui elle partage de nombreux points communs, souhaite la rencontrer. Au milieu de ces trois hommes, Mélanie a du mal à voir clair dans ses sentiments.

Site de l’auteur : http://enfantduplacard.pagesperso-orange.fr/

 


a-minuit-les-chiens.jpg À minuit, les chiens cessent d’aboyer de Michaël Moslonka>>>

format 11x17 - 310 pages  - ISBN 978-2-916225-08-1
10.00 €

 

Le regard que pose le capitaine Blacke sur ses contemporains autant que sur lui-même est noir comme le charbon, tranchant comme une lame de couteau. Le genre de lame qui a tué Dylan Druelles aux alentours de minuit sur le parking du McDo d’Auchel.
Qui a assassiné ce nazillon des bacs à sable ? À cette question, le flic répond avec sa hargne et son mépris. À ses sarcasmes, s’oppose Amélie Laribi, une lieutenante intègre et rêveuse qui n’aura de cesse qu’elle réussisse à innocenter « le coupable idéal » en retrouvant le vrai tueur. Pour que la paix puisse revenir dans l’agglomération minière de son enfance.
Mais… peut-on vraiment empêcher les chiens d’aboyer ?

 

L'auteur vous propose deux extraits :  Extrait 1 >>>    Extrait 2 >>>

 



enfant-du-placard.jpg L’Enfant du placard de Michaël MOSLONKA, aux EDITIONS SAINT-MARTIN>>>

 

Après « Le Masque de l’Archange »,  Michaël MOSLONKA nous propose un nouveau voyage dans son univers avec « L’Enfant du placard et la Méchante Sorcière de l’Est de la rue du Masque ».
Héritier des Frères Grimm et de Perrault, il puise dans son expérience d’éducateur pour offrir un conte riche en enseignements où règne une bonne humeur teintée de fantaisie.

Elvis a dix ans.
Il a été baptisé ainsi parce que sa mère aime Elvis Presley, le chanteur de rock américain. Pas son père. Non. Lui, il dit que le rockeur est un drogué doublé d’une feignasse. Sa mère, elle, dit que le King est un prince charmant et qu’il ne frapperait jamais une femme. Même avec une rose.
(…)
En ce moment, Elvis est dans le placard à balais juste sous la cage d’escalier, au rez-de-chaussée. Et en l’y enfermant sa mère lui a dit : « si tu cries, je m’en vais chercher la sorcière au bout de la rue ! » Celle qui habite la 34e rue. La rue du Masque.

La méchante sorcière de l’Est de la rue du Masque ? Brrr !!!!

Alors le petit garçon décide d’affronter ses angoisses, accompagné de compagnons bien singuliers Lord Rat-Blay, le rongeur très très savant, et Charly un chat Pistolero. Et, osant sortir de son placard, Elvis part à la rencontre de cette redoutable sorcière.

Le parcours semé d’embûches de cet enfant du placard est une véritable leçon de courage. Un cri de révolte pour se libérer de ses peurs.

Une belle histoire qui s’adresse aussi bien aux jeunes lecteurs qu’aux grands enfants… Entre Alice au pays des merveilles et Pinocchio…

 

 

Extrait :

Elvis a neuf ans.
Il a été baptisé ainsi parce que sa mère aime Elvis Presley, le chanteur de rock américain. Pas son père. Non. Lui, il dit que le rockeur est un drogué doublé d’une feignasse. Sa mère, elle, dit que le King est un prince charmant et qu’il ne frapperait jamais une femme. Même avec une rose. Alors quand papa n’est pas là, maman met la musique. A fond. Et ça gêne parfois Elvis parce qu’il dort. À neuf ans on a besoin de sommeil. De faire la sieste et de se coucher tôt. Mais sa mère s’en moque, et elle écoute le chanteur hurler son rock. Car pour elle, c’est un prince charmant. Le prince charmant qui vient l’arracher des griffes de ce monde sordide dans lequel elle vit.

En ce moment, Elvis est dans le placard à balais juste sous la cage d’escalier, au rez-de-chaussée. Et en l’y enfermant, sa mère l’a menacé :
– Si tu cries, je m’en vais chercher la sorcière au bout de la rue !

Celle qui habite la 34e rue. La rue du Masque. Où il a passé son enfance.
Mais pas toute son enfance. Car entre l’âge de cinq et huit ans, il a été placé dans un foyer à l’autre bout de la Capitale. Parce que « maman et papa ont de graves problèmes de couple » et « pour te protéger aussi ». C’est ce que lui avait expliqué la dame de l’Assistance Publique.
Puis il est revenu à la maison. Dans l’immeuble où maman est concierge. Où papa cherche encore du boulot, boit autant – et même plus ! – et cogne toujours aussi dur.
À présent, Elvis est dans le placard à balais sous l’escalier. Ses parents veulent pas qu’il crie. Pourquoi ? Il ne sait pas mais il devine ce qui lui arrivera s’il ouvre la bouche : maman ira chercher la méchante sorcière qui « mange les enfants et leur fait des choses pas catholiques ! » Ce sont les paroles de sa mère.
Alors, Elvis reste prostré dans un coin du placard. Dans l’obscurité. Parmi le matériel de travail de sa mère. À respirer la poussière et l’humidité. Les joues mouillées de larmes. Le visage tuméfié. Papa cogne vraiment toujours aussi dur.
Elvis voulait simplement regarder la fin du dessin animé. Lui. Pas papa. Non, papa préférait l’autre chaîne. Celle avec les jeux télévisés. Au cas où il gagnerait « le gros lot  » comme il dit.  Elvis a essayé de négocier « encore une minute s’il te plaît… C’est bientôt fini s’il te plaît, papa…» Elvis a été très poli, il a dit « S’il te plaît » comme lui ont appris les éducateurs. Comme lui répète sans cesse sa maîtresse d’école. Madame Blaize. Papa a crié. Papa a cogné. Alors, Elvis a pleuré. Papa a cogné encore plus fort. Alors, Maman s’en est mêlée et il a atterri sous l’escalier.
Elvis pense à l’un de ses camarades de foyer. Raphaël. Un Grand. Elvis l’appelait Rafioul. Rafioul l’appelait petite star du rock. Raphaël était un dur. Un vrai. Qui ne se laissait jamais marcher sur les pieds. Par personne. Enfants ou adultes.

 

– Que ferait Raphaël à ma place ? se demande alors la petite star du rock.  Il botterait les fesses de mon père et ferait manger son tablier et son balai à ma mère ! se répond-il à lui-même.
Ce qui le fait sourire. Puis, son visage redevient sombre. Non, cela ne se fait pas. Un enfant doit le respect à l’adulte. À ses parents. On n’insulte pas les adultes et surtout on ne lève jamais la main sur eux. Jamais. Au grand jamais !
Alors, que faire ?!
Il le sait : botter les fesses de la sorcière ! Oui, voilà ce qu’il va faire !
Mais comment sortir de là ? Et comment la retrouver, il ne sait même pas où elle habite !
– Moi, je sais ! couine une petite voix.
Elle provient de derrière un vieux seau tout rouillé et couvert de toiles d’araignées.
– C’est la Sorcière de l’Est de la Rue du Masque. Tel est son nom !
Le visage d’Elvis se contracte sous l’effet de la surprise et son estomac se noue de peur. Il voit alors sortir de derrière le seau abandonné un petit rongeur au pelage luisant qui se tient debout sur ses deux pattes arrière. Il a une longue queue et porte un petit costume marron en tweed, ajusté à sa taille, agrémenté d’une cravate du même coloris. Derrière de grosses lunettes cerclées d’or, brillent des yeux d’où se dégage une grande fierté – un peu comme Andy, le premier de sa classe.  L’étrange animal tient un épais bouquin entre les pattes.
– Je me présente, dit-il avec un léger accent anglais tout en exécutant une basse révérence, Lord Rat-Blay, Rat de Bibliothèque, pour vous servir !
Elvis trouve ça drôle et se met à rire. Cela lui fait du bien. Mais, il s’arrête brusquement ! Personne ne doit l’entendre sinon la méchante sorcière lui réglera son compte !
Lord Rat-Blay ne s’offusque pas de ce rire et reprend la parole :
– Je peux vous amener jusqu’à elle, mon jeune ami. En effet, il se trouve que j’ai un plan de route dans mon singulier ouvrage.
Il montre du regard son épais bouquin. Un livre à la couverture de cuir et aux lettres d’or.
– De plus, il y est également indiqué comment forcer une serrure. Et qui plus est la serrure d’un placard à balais !
Ravi, Elvis frappe des mains. Il va aller régler son compte une bonne fois pour toutes à cette méchante sorcière. Comme ça, elle ne viendra pas le manger et lui faire des choses pas catholiques. Et il pourra alors crier quand on l’enferme dans le placard.
Si Rafioul le voyait, il serait fier de lui.

 

Lord Rat-Blay sur son épaule, Elvis pousse la porte du placard sous l’escalier, en faisant attention qu’elle ne grince pas. Mais cela n’a pas vraiment d’importance, car le rez-de-chaussée est envahi par une très violente musique.
Elle provient de l’appartement de sa famille. C’est la musique de son grand frère. Nirve Ana que ça s’appelle. Son père doit être sorti, sinon Johnny n’oserait pas. Il a pas peur de la mère, il l’a déjà frappée – plus d’une fois. Mais du vieux – comme Johnny l’appelle – alors là, il le craint comme la peste !
Elvis franchit en courant le hall de l’immeuble et sort précipitamment dans la rue. Le rat de bibliothèque, accroché à son épaule, tient fermement son livre pour ne pas le faire tomber. Sur son passage, Elvis voit la petite pancarte en carton accrochée à la rampe d’escalier. Il ne sait pas très bien lire, mais sait ce qu’elle signifie : la concierge est dans l’escalier !
Derrière les deux fuyards résonnent les paroles du chanteur du groupe de grunge  :
« Load up on guns and Bring your friends It’s fun to lose And to pretend She’s over bored And self assured Oh no, I know A dirty world hello, hello, hello, how low ?  »

A l’eau, Monsieur Ween !

La rue du Masque était pleine de démons, de fantômes, de vampires, de fées, d’épouvantails et de monstres moches et gluants à la bouche hurlante. Aux griffes de plastique acérées. La nuit était déjà tombée et les enfants du quartier, fiers de leur costume, parcouraient la 34e rue à la recherche de sucreries. Nous étions à la veille de la Toussaint. Halloween.
Bien entendu, si Elvis n’avait pas été enfermé dans le placard, s’il n’était pas parti à la chasse à la sorcière, il lui aurait été interdit de participer à cette joyeuse manifestation enfantine. On ne s’amusait pas chez lui : on se taisait, on ne se la ramenait pas et on baissait la tête pour éviter les coups !
Elvis regardait avec des yeux ébahis toutes ces cohortes de gamins qui, eux, n’étaient pas privés de faire la fête. Lord Rat-Blay sur son épaule, l’enfant du placard avançait à contre-courant de ces petites terreurs qui dévalaient à toute vitesse la rue avec force cris.
Le garçon de neuf ans se rendit compte d’une chose : parmi tous les mômes déguisés, pas un seul n’arborait un costume de sorcière. Comme si le simple privilège de le porter n’était réservé qu’à une seule et unique personne : la Méchante Sorcière de l’Est de la rue du Masque !
Lord Rat-Blay ne regardait pas la rue. Lord Rat-Blay était plongé dans son livre.
– Savez-vous mon jeune ami, quelles sont les origines de la fête d’Halloween ?  demanda-t-il.
– Nan ! répondit Elvis.
Le garçon ne savait pas ce que voulait dire « origine », mais il avait toutefois une vague idée de la signification de la question. Celle-ci sonnait un peu comme « sais-tu comment sont fabriqués les chewing-gums ? »
Le rat de bibliothèque éclaira sa lanterne en déclarant sur un ton suffisant :
– Voyez-vous mon jeune ami, la fête d’Halloween tient son origine de chez les anciens druides celtes qui croyaient en Saman, le terrible Seigneur des Morts. Ce dernier réveilla le jour de la Toussaint des hordes d’esprits maléfiques endormis. Afin de les repousser, les druides se regroupèrent et allumèrent de grands feux. À la fin de leur cérémonie, le chef des druides fut jeté dans un grand bac d’eau. Ce chef faisait partie de la dynastie des Ween et tous les druides crièrent « À l’eau ! À l’eau ! À l’eau Ween !!
Une anecdote qui remémora chez Elvis une blague de Rafioul : c’est l’histoire d’un gars qui téléphone à son ami Ween ; quand son pote décroche, le gars fait « allô, Ween ?! »
Elvis éclata de rire. À cause de cette blague revenue à son esprit, mais aussi parce qu’il trouvait drôle l’explication de son très savant compagnon.
– Mais ce n’est point drôle ! s’offusqua le petit lord rongeur. C’est écrit dans le Grand Livre des Rats de Bibliothèque ! Il n’y a donc rien de drôle là dedans !
Le rire d’Elvis redoubla. Il y avait longtemps qu’il n’avait pas ri comme cela.