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Michel ZORDAN

 

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7) Les belles annes9) Un hritier L'Arcange

8)les cahiers de mon pre
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8)les cahiers de mon pre

Prix l'unit (pice): €8.00

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Lentre-deux-guerres fut tmoin de la deuxime vague dimmigration italienne vers la France. Durant les annes 20, et les annes 30, des dizaines de milliers dItaliens quittrent leur pays, pour trouver asile en Gascogne et dans dautres rgions de lhexagone. Les raisons de ces exils furent multiples, la principale cause tant la monte en puissance du fascisme. Mon pre, Marita et grand-pre faisaient partie de ces derniers. Maman se nomme Sonia Etchebry, et moi Baptiste Montazini. Nous habitons tous les deux la ferme Etchebry, situe au pied de la Montagne Arradoy, qui domine Saint-Jean-Pied-de Port. Maman ma dj beaucoup racont sur sa vie, et sur celle de sa famille extermine Gernika en 1937. Pour sa rencontre avec mon pre, Sylvio Montazini, elle ma aussi racont, mais en occultant quelques points de dtail. Avec ces cahiers, je vais dcouvrir vingt-deux annes de la vie de la famille de mon pre. Vingt-deux annes que je sais semes dembches, parfois de drames. Mais aussi de bonheurs et desprance. Vingt deux annes, depuis 1930, arrive des Montazini en France, et jusquen 1952, date du voyage de papa LArcange. Cest cette occasion que nous avons fait la connaissance de sa femme Angelika et de ma demi-sur Simonetta. Six annes depuis ce voyage, six annes durant lesquelles nos existences se sont droules sans accrocs ou presque. Peut-tre quaprs le dernier drame survenu pendant la fte de Floral, un dimanche aprs-midi daot 52, le sort ou le destin avait dcid de calmer le jeu, laissant la famille Montazini, les Etchebry et leurs amis, vivre enfin dans la tranquillit. Jai pass une anne chez papa en Australie, Adlade. Avec ma petite sur Simonetta nous avons fait plusieurs sjours dans la Barossa Valley, au milieu des vignes, Stockwell, chez les Hartmann la famille dAngelika. Une anne inoubliable et jespre bien y retourner un jour. Tout le monde mattend l-bas. Aprs mon bachot sans doute, le temps de convaincre grand-pre de maccompagner. Papa, Angelika et Simonetta nous ont de nouveau rendu visite, en France il a deux ans, toujours pendant nos grandes vacances. Ils doivent en principe revenir lanne prochaine ! Cest grand-pre qui ma apport les cahiers la ferme Etchebry, le jour mme de mes quinze ans, un vritable trsor. Dans ces lignes lcriture rgulire, flotte en permanence lesprit de mon pre. Je dcouvre crit de sa main, parfois encore sous le choc de lmotion, des situations qui me tirent les larmes des yeux. Dautres des sourires et mme des clats de rire que je dispense sans modration. De toute faon, assis sur un rocher tout en haut dans la Montagne Arradoy, part Rglisse, Gribouille et les brebis, personne ne peut mentendre. Ce qui mtonne un peu cest le style de lcriture. Des premires lignes aux toutes dernires, il na pas vritablement chang, pourtant plus de vingt annes se sont coules. Ds les premiers cahiers, que mon pre a intitul Les raisons de lexil une fascination sinstalle, un attrait qui samplifie tous les jours un peu plus. Je mattelle la lecture ds que jatteins le sommet de LArradoy, jamais ailleurs. Ce sommet est pour moi comme un sanctuaire, un lieu sacr, un peu comme une glise, un temple pour les croyants. Lorsque le temps tourne au maussade, je rejoins une maisonnette que jai moi-mme restaure il y a deux ts. Ganiz, le grand-pre Ezkerra qui soccupe de notre troupeau lorsque je suis au collge, ma bien aid. Prisonnire des ronces durant des dcennies, nous lavons dlivr, remont les murs de pierres tailles et de galets, et refait le toit de lauzes. Lintrieur est garni dune excellente paillasse de foin bien sec. Jai attendu les grandes vacances pour commencer lire mon hritage. Chaque matin, je monte dans les estives avec Rglisse, Gribouille et le troupeau ; et le soir venu, je redescends vers la ferme Etchebry, en ne pensant quau jour qui va suivre et qui me permettra de poursuivre. Je ne propose mme plus maman de maccompagner, ce quelle faisait de temps autre lanne passe. Prfrant tre seul pour dvorer les lignes. Elle a compris et ne sen offusque pas. Dailleurs son travail la fromagerie lui laisse peu de temps. Je sais quun jour ou lautre jarriverais au passage de sa rencontre avec papa, mais je ne suis pas press. Je veux juste mimprgner de cet extraordinaire hritage que je peux vivre au travers de ces lignes. Je dvore, mais en dgustant, sans me presser, comme un privilge que moi seul possde. Relisant certains passages que je pense avoir mal compris, ou qui me paraissent plus importants que les autres. Ah, un petit dtail, les cahiers que jamne avec moi, ils sont dans mon sac dos, celui que papa ma offert pour mes huit ou neuf ans. Il est toujours en trs bon tat. Ds les toutes premires lignes, la mise en bouche est consquente. Mon pre voque lincendie de la grande vigne de Pellegrin survenu quelques jours seulement aprs larrive des Montazini dans la ferme de LArcange, dbut aot 1930. Le feu a pris lextrmit dun champ, le long dune petite route, sur trois andins de mauvaises herbes sches fauches par grand-pre et ratisses par papa et Marita quelques heures auparavant.



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